Risque du pays

Risque pays du Soudan : Economie

Pour les dernières prévisions sur les impacts économiques causés par la pandémie de coronavirus, veuillez consulter le rapport intermédiaire des Perspectives économiques de l’OCDE « Coronavirus: l’économie mondiale en danger » (mars 2020) et la plateforme de suivi des politiques du FMI « Policy Responses to COVID-19 » pour les réponses économiques clés des gouvernements.

Depuis la sécession du Soudan du Sud en 2011, la situation économique au Soudan reste difficile. Le Soudan a perdu un tiers de son territoire, un quart de sa population, 75% de ses réserves de pétrole et plus de 75% de ses recettes fiscales.

Ainsi, le pays est entré en récession en 2011 et 2012 avant que son économie ne se redresse provisoirement. Pour éviter une perte de production et de revenus, un accord a été conclu en 2012 entre le Soudan du Sud (riche en réserves de pétrole, mais sans infrastructure) et le Soudan, où se trouvent de nombreuses infrastructures.

Ainsi, le Sud-Soudan verse une partie de ses revenus au Soudan pour le transport de son pétrole. Depuis 2018, l’économie du pays traverse à nouveau une période de récession. Selon le FMI, la croissance du PIB s’est contractée de -2,5% en 2019 (contre -2,3% en 2018).

La contraction du secteur des services, le déclin des investissements dans l’immobilier et les services aux entreprises, le recul de l’agriculture sous l’effet de pénuries d’intrants (carburant) et l’instabilité politique et sociale expliquent cette situation (BAD).

Selon les prévisions actualisées du FMI du 14 avril 2020, en raison de l’apparition du COVID-19, la croissance du PIB devrait tomber à -7,2 % en 2020 et s’améliorer légèrement pour atteindre -3 % en 2021, sous réserve de la reprise économique mondiale post-pandémique.

En 2019, l’économie du Soudan s’est enfoncée un peu plus dans la récession qui frappe le pays depuis 2018.

Malgré la levée de presque toutes les sanctions imposées par les Etats-Unis, la stabilité macroéconomique du Soudan avait été de nouveau mise en péril suite au retrait des subventions et à la dévaluations de la livre soudanaise, dans un contexte de pénurie persistante de devises fortes.

L’hyperinflation et les dévaluations, associées à une faible confiance dans le système bancaire, avaient déclenché une crise de liquidité (Coface).

Selon le dernières prévisions du FMI (14 avril 2020), l’inflation a atteint 51% en 2019 (avec un pic à 60% en novembre), et devrait continuer d’augmenter pour s’élever à 81,3% en 2020 et 91,1% en 2021, entretenue par la monétisation du déficit budgétaire et la poursuite de la dévaluation de la livre soudanaise.

Le système de taux de change reste faussé par les multiples devises et le taux de change réel est considérablement surévalué. Le déficit budgétaire a augmenté pour atteindre 10,8% PIB en 2019, en raison de l’augmentation des subventions à l’énergie et de la faible mobilisation des recettes.

Il devrait s’élever à 15% PIB en 2020 (FMI). Les ratios d’endettement public et extérieur restent insoutenables, et s’élevaient respectivement à 211,7% PIB et 198,2% PIB en 2019 (FMI).

Ils devraient continuer d’augmenter en 2020 et 2021.

L’importante dette publique, essentiellement extérieure et composée d’arriérés, induit des paiements d’intérêts élevés. Le Soudan est en situation de surendettement, ce qui réduit sa capacité à mobiliser des ressources nationales ou à emprunter sur les marchés internationaux.

Le pays pourrait prétendre à un allégement de sa dette au titre de l’initiative PPTE mais l’inscription du Soudan sur la liste américaine des états soutenant le terrorisme bloque le processus et l’apurement des arriérés envers le FMI. Selon ce dernier, la situation du pays est alarmante, et en l’absence de réformes politiques les perspectives restent médiocres.

Après prés de 30 ans au pouvoir, le président Omar al-Bachir a été destitué et arrêté par l’armée en avril 2019 suite au soulèvement populaire déclenché par l’augmentation du prix du pain en décembre 2018.

Il fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide dans le conflit du Darfour, qui a fait plus de 200.000 victimes.

Un Conseil souverain (à majorité civile, mais présidé par un général) a remplacé le Conseil militaire de transition, et une Assemblée législative constituante doit être nommée, avant la tenue d’élections générales en 2022.

Le Conseil des ministres, organe exécutif du régime de transition est dirigé par l’économiste Abdallah Hamdock. Malgré l’instauration d’un cessez-le-feu en octobre 2019, les revendications d’appartenance au Soudan du Sud dans les régions du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, et la marginalisation des minorités ethniques au Darfour sont source de conflits (Coface).

La situation humanitaire est dramatique avec un grand nombre de personnes déplacées et de réfugiés. Les tensions sociales ont augmenté, alimentées par la hausse des prix et le manque de produit de première nécessité.

Le Soudan souffre d’inégalités économiques, d’un taux de chômage élevé (16,5% en 2019 selon le FMI) et de services sociaux inadéquats.

L’espérance de vie dans le pays est de 64,4 ans et près de la moitié de la population vit au niveau ou sous le seuil de pauvreté. La dépréciation rapide du taux de change et la persistance de l’inflation ont aggravé une situation déjà difficile.